Franz LISTZ
Liszt est né le 22 octobre 1811, dans une petite ville perdue de la lande hongroise, mais sa famille quittera Raiding en 1820, pour s’établir à Viennes.
Inutile de retracer les grandes étapes de la vie du génial virtuose et compositeur, non plus que son apport considérable à la diffusion des œuvres de ses prédécesseurs ou contemporains. Les passionnés peuvent trouver ces renseignements sur Internet, ou dans n’importe quelle encyclopédie. Pour commémorer en peinture ce bicentenaire, je me contenterai donc de vous laisser une reproduction de ce petit tableau de Géricault.
Non seulement le rapport entre la fougue et la virtuosité du peintre et celle de l’illustre musicien me semble évident, mais ils ont traité le thème de Mazeppa l’un et l’autre. Ce thème à d’ailleurs séduit tellement d’artistes, dans toutes les disciplines, que je me limiterai à n’en citer que quelques-uns. Mais d’abord, qui était ce Mazeppa ?
Le personnage à vraiment existé, de 1659 à 1709. D’abord jeune page à la cour du roi de Pologne, Jean II, il séduit une jolie jeune femme, qui hélas est mariée à un gentilhomme pas du tout compréhensif. Le mari les surprend ; scandale à la cour ! Le jeune homme est fouetté, enduit de goudron et attaché nu sur un cheval sauvage (Je ne sais pas quel sort fut réservé à la belle, mais dans ce genre de texte je n’ai pas le droit d’inventer.) Le supplicié est solidement attaché ; l’instinct grégaire dirige le cheval, qui se joint à un des troupeaux errant dans ces steppes sans limite. Le pauvre garçon épuisé est recueilli par les Cosaques, soigné et guéri. Mazeppa épousera leur cause, progressera dans la hiérarchie, et ne tardera pas à devenir leur chef (l’hetman).
Cette histoire quelque peu légendaire sera diffusée par Voltaire, qui n’est pas à une légende près. Lord Byron reprendra la flamboyante légende, dans un roman paru en 1819. C’est bien de Byron que Géricault s’est inspiré, puisque le puissant peintre romantique est mort en 1824, à l’âge de 33 ans, des suites, dit-on, d’une mauvaise chute de cheval. L’histoire de Mazeppa sera reprise par Victor Hugo dans Les Orientales, en 1829, ainsi que par Pouchkine, la même année (Poltava). Hugo choisira d’ailleurs comme dédicataire de ce poème, un peintre aujourd’hui à peu près oublié, un certain Louis Boulanger. Thème récurent en peinture, que nous retrouvons chez Horace Vernet, Delacroix, Chassériau, pour ne citer que les plus célèbres.
Magnifique prétexte pour les peintres et les poètes, qui ne laissera pas les compositeurs indifférents. Liszt a juste quarante ans quand il compose le poème symphonique éponyme, et une version piano qui fait partie des Études d’Exécution transcendante. Sa référence directe est sans doute Victor Hugo, mais Liszt lisait aussi Byron et tous les grands auteurs. Mentionnons encore un autre regard musical porté sur cette légende par Tchaïkovski.
Nous retrouverons cette même histoire tout au long des deux siècles, jusqu’au cinéma, et récemment, mis en scène par le grand Bartabas.
Thème récurent s’il en fut, avec cependant des regards tellement différents selon les disciplines, mais surtout en fonction du message souhaité par chacun des auteurs. Lyrisme pour les uns ; revendications patriotiques fort opposées pour d’autres ; nous rencontrerons également un prétexte au burlesque ; voire des sous-entendus érotiques pour certains peintres ou poètes. Il en est d’ailleurs ainsi de tous les mythes fondateurs.
Pour ce petit article, ma bibliothèque n’a pas suffit à ma documentation ; j’ai trouvé des pages et des pages sur Internet, pris le temps de lire ou relire les poèmes, les extraits de textes, et même d’écouter le Mazeppa de Frantz Liszt. C’est tout à fait passionnant, mais je dois reconnaître qu’il vaut mieux être retraité.
Serge
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