Pour en savoir plus sur Peinture et musique.
Les préraphaélites
CARTE POSTALE DE LONDRES
Quand beaucoup d’entre vous faisaient connaissance avec la retransmission d’Hamlet, je sortais de la Tate Britain, la tête pleine d’images, et dans ma poche, quelques cartes postales choisies pour vous. Pour rester dans le même ordre de pensées, il m’a semblé opportun de diffuser la reproduction de cette œuvre curieuse, la Mort d’Ophélie, due à Sir John Everett Millais, et datée de 1851-1852.
Je n’irai pas jusqu’à dire que ce genre de tableau fait partie de mes tasses de thé quotidiennes, mais il serait dommage de passer à côté de ce courant important de l’histoire de la peinture du XIX e siècle.
Millais était un des piliers de cette confrérie de peintres et d’écrivains (souvent l’un et l’autre), intitulée par eux-mêmes : préraphaélites. Leur idéal en peinture était de revenir à la pureté du dessin des peintres du quattrocento, Botticelli étant la référence absolue. Leur technique était d’ailleurs irréprochable, encore que fort peu inventive, et pas du tout XV e siècle. Les sources de leur inspiration se trouvaient du côté de la littérature ; la dramaturgie ; les légendes moyenâgeuses ; et plus généralement, le bric-à-brac du symbolisme. Pour les situer chronologiquement, disons qu’ils étaient actifs à partir de 1850, c'est-à-dire fort peu de temps avant les impressionnistes. Ils furent très admirés à Paris, à l’occasion de l’Exposition universelle de 1855,* et une galerie parisienne continua de diffuser leurs tableaux. Les plus connus d’entre eux, ou apparentés, sont : Holman Hunt ; Dante Gabriel Rossetti ; Burne-Jones ; William Morris… Nos contemporains ont souvent remarqué des fragments de reproductions de leurs œuvres, abondamment utilisés en premières de couverture, notamment des romans de Jane Austen*. Les dates n’ont d’ailleurs aucun rapport : Jane Austen était exactement contemporaine de Constable et Turner, une cinquantaine d’années plus tôt ; ces choix ont tendance à induire en erreur, mais il ne sont pas mauvais.
Il est évident que ces peintres privilégient le narratif, qui passe bien souvent avant les valeurs plastiques de l’œuvre, même si ces valeurs, qui devraient sans doute rester prioritaires, n’en sont pas absentes pour autant. C’est bien sûr une peinture que l’on peut qualifier de littéraire, tout à fait conforme aux aspirations d’une époque, mais qui eu ses prolongements, et exerça une considérable influence sur d’autres mouvements, parfois fort éloignés en apparence.
Mais le rapport avec la musique ? Les mêmes thèmes étaient évidemment partagés ; ce qui inspirait les uns servait aux autres, et inversement. Il suffit de se souvenir des titres des opéras, de les comparer aux œuvres de ces peintres, pour le constater. Romantiques décadents, disent certains ? Le regard porté par les historiens et amateurs d’art, est très loin de rester figé dans le temps, et fort heureusement.* Souvenons-nous qu’Ambroise Thomas avait 37 ans en 1855.
1- Fragment d’un tableau de Dante Gabriel Rossetti.
2- George Watts (1817-1815), fut un peintre et sculpteur très admiré en Angleterre au XIX e siècle, il reste assez connu de nos jours, et diversement apprécié. Il n’a pas participé au groupe des préraphaélites, mais les thèmes traités sont comparables. S’il faut le classer, on peut le ranger dans le courant symboliste, qui englobe des peintres de factures très différentes. Je ne pouvais pas passer à côté de ce tableau très connu, daté de 1885, intitulé L’Espoir, au symbolisme quelque peu appuyé. Nous pouvons sourire de cette lyre qui n’a plus qu’une corde ; la composition pyramidale est pourtant magistralement traitée
Serge Peyé
Le Concert champêtre
Les toiles des maîtres vénitiens, exposées récemment au Louvre, sont retournées à leurs cymaises respectives. Il est pourtant encore d’actualité de vous dire quelques mots d’un des plus célèbres, qui appartient à la France depuis Louis XIV : le Concert champêtre, qui ne pouvait pas échapper au crible de ma petite rubrique.
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Cette toile (c’est bien une toile, mais c’est nouveau), fut très longtemps attribuée à Giorgione. Les moyens d’investigation moderne permettent maintenant, avec une quasi certitude, d’en accorder la paternité au Titien ; à moins qu’il n’y ait eu collaboration entre les deux maîtres. Le tableau est sans doute de 1509 ou 1510, le Titien avait donc une vingtaine d’années ; son ami Giorgione, qui avait à peu près douze ans de plus, est mort de la peste en 1510.
Avec cette œuvre, la peinture pénètre dans le monde de la lumière et des vibrations colorées. Une nouvelle voie est ouverte, qui s’écarte de la suprématie du dessin, chère aux florentins, pour parfaire les recherches sur la qualité des matières et la transparence de l’atmosphère. En simplifiant énormément, je dirai qu’au lieu de « colorier » un dessin, le peintre dessine ici avec des couleurs. Il s’agit en même temps d’une évolution du regard, et ce n’est pas anodin.
Le thème traité dans cette œuvre n’a cessé d’intriguer. Deux hommes habillés, vaguement en costumes de leur temps, et deux femmes nues. En y regardant bien, leur seul communication est la musique, évidemment magnifiée par la sonorité de la peinture, ou comme l’a dit Delacroix : « la musique du tableau ». Le prétexte de la composition ? Certains veulent y voir une référence aux œuvres de quelque poète contemporain, peut-être l’Arétin, ami du peintre, ou encore aux Bucoliques de Virgile ( un des hommes serait un Pâtre, et en arrière plan on en distingue un second, avec son troupeau). Impossible en tout cas de ne pas penser à une recherche poétique d’un âge d’or, quelque part en Arcadie. Les femmes sont donc des nymphes, divinités familières des arbres (les dryades) et des fontaines. Il suffisait de leur joindre le musicien, les bergers, et le prétexte était trouvé, sinon le sens.
Depuis le Titien (ou Giorgione), des centaines de peintres se sont inspirés de ce tableau, quelques-uns l’ont même soigneusement copié. Le musée de Nantes en expose un en ce moment (pas pour longtemps), dû à Cabanel, qui reste un peintre estimé. La littérature à laissé tant de pages à propos de ce mystérieux tableau, qu’elles rempliraient elles aussi plusieurs gros volumes.
Il me reste à mentionner le célèbre Déjeuner sur l’Herbe, de Manet, qui lui fut souvent comparé, et dont je reparlerai dans un prochain article.Serge Peyé
Johannes Vermeer, 1632-1675
Quand il s’agit de rapprocher musique et peinture, il est difficile d’oublier Vermeer. Sur la trentaine de tableaux qui lui sont attribués, une dizaine ont figuré un ou plusieurs instruments de musique ; quand il est presque impossible d’en trouver un seul dans tout l’œuvre de Rembrandt (à part peut-être le tambour de la Ronde de Nuit).
Difficile en effet d’oublier Vermeer, et pourtant, quand tant d’écrivains, et quels écrivains, ont écrit sur lui, la sagesse devrait me conseiller de me taire. Je me contenterai donc de l’indispensable.
Mais tout d’abord, Vermeer était-il à ce point mélomane ? Il n’y aurait d’ailleurs aucun risque à l’affirmer, dans la mesure où l’on ne sait à peu près rien de lui. Il faut simplement remarquer que Vermeer, comme à peu près tous les peintres de son temps, travaillait sur commande, et quand il restait libre de ses choix, il disposait dans ses tableaux, les accessoires propres à séduire sa clientèle.
Notre peintre a-t-il seulement voulu lui-même la fameuse phrase qui figure sur le virginal* : « Musique, compagne de la joie et médecine de la douleur. » S’est-il efforcé toute sa vie d’atteindre à cet idéal dans ses œuvres ? Autant de questions sans autres réponses que celles que nous avons envie de donner.
S’il est au moins possible d’avancer une remarque, nous pouvons souligner la qualité hautement picturale d’un instrument de musique. Mais il ne s’agissait pas pour lui de nous laisser la nature morte d’un instrument, aussi élégant soit-il. Se servir de la dureté d’un angle vif pour mettre en valeur le velouté d’une étoffe, le pelucheux d’une fourrure, est tout simplement une des règles fondamentales de la composition picturale. Au même titre, le nacré de la non-moins fameuse perle, qui se retrouve dans plusieurs portraits de femmes*, vient fort à propos mettre en valeur la transparence et la profondeur intime du « tendre coquillage » qui la porte.
Mais la musique chez Vermeer n’est tout de même pas à ce point présente pour ne laisser aucun message ? Assurément le peintre à son chevalet, ne pouvait que souhaiter le calme, le silence, et surtout, l’immobilité de son modèle.Cependant, tout en tenant compte de ces remarques, il est permis de méditer sur cet environnent musical. Et par-dessus tout, pourquoi les expositions Vermeer réunissent les foules depuis le début du XXe siècle, sachant qu’il était pour le moins méconnu depuis sa mort. Il me faudrait beaucoup plus de place pour parler de ce qui le distingue de ses contemporains, avec lesquels il était souvent confondu, mais pour faire simple et bref, je dirai que Vermeer dépassait l’anecdotique. Quand les petits maîtres racontaient, Vermeer contemplait. Et nous touchons là ce qui fait l’essentiel de la peinture : un agencement d’éléments dont l’intérêt est d’être avant tout picturaux. Vermeer ne met pas à priori la poésie dans ses tableaux ; elle en émane. Le langage du peintre n’est pas celui du musicien, mais il n’est pas exagéré de dire que les principes de la composition, chez les plus grands, se rejoignent.
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Et au fait, quelles musiques sont venues jusqu’aux oreilles Vermeer ? Il était l’exact contemporain de Lully. Les musiques de la cour de Louis XIV ou celles de la cour d’Espagne étaient-elles jouées dans les salons de la bourgeoisie de Delft ? Les instruments représentés peuvent le laisser penser. Mais Louis XIV ne s’est pas contenté de laisser diffuser la musique de sa cour, il a aussi envoyé ses troupes, pour envahir et piller ce petit pays prospère. Notre peintre en fut ruiné. Il est mort peu de temps après, en laissant une veuve et huit enfants encore à charge.
Pardonnez-moi de ne pas finir mon article par un sourire, mais regardons plutôt les quelques reproductions choisies pour vous ; puissiez-vous y trouver le calme, la sérénité et l’harmonie, que ce grand maître a si bien su nous transmettre.Serge peyé
Une Dame assise au virginal
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Le Concert à trois. La Jeune Fille à la perle
Simon Vouet
Étudier parallèlement l’histoire de la musique et celle des arts plastiques est évidemment possible, mais le propre des parallèles est, précisément, de ne pas se rencontrer. Cependant, en dehors de la simple chronologie, des convergences sont parfois possibles.
C’est en visitant la très importante exposition consacrée à Simon Vouet, au musée des Beaux-Arts de Nantes, que l’occasion de ce rapprochement m’a semblé se présenter.
"Vielleur au chapeau" de Geoges de La Tour.
Ce vielleur du musée de Nantes est dit "Vielleur au chapeau", pour le distinguer des deux autres versions, dont l'une est au Prado.
Vierge et l’enfant à l’ange Vouet. Provient du musée des Beaux-Arts de Caen.
Simon Vouet, ce maître quelque peu oublié, connut pourtant la gloire de son vivant, ce qui, après tout, vaut bien la reconnaissance posthume. Jugez plutôt : né à Paris en 1590, le jeune peintre de vingt-trois ans ne tarda pas à se faire admettre à Rome, et dix ans après son arrivée, à accéder aux plus hautes distinctions, en même temps qu’honoré de prestigieuses commandes. Le pape le chargea de décorer une des chapelles latérales, à Saint-Pierre de Rome, celle qui abrite la plus célèbre des Piétas de Michel-Ange. Ces décors ont d’ailleurs été détruits, et la Piéta s’en passe bien, mais les esquisses exposées à Nantes sont éblouissantes de virtuosité et de maîtrise. Vouet a traité tous les sujets demandés aux peintres de son temps : scènes de genre, portraits et grandes compositions.
Les sujets de ces pompeuses compositions, font le plus souvent référence à des scènes bibliques ou inspirées de la mythologie. Il est vrai qu’à l’époque, en dehors des scènes de batailles, il n’y avait guère d’autres commandes; et même pour exprimer la sensualité avec la bénédiction papale, il fallait au moins un de ces prétextes. Mais ne voir que le sujet dans une peinture, n’est qu’à peine un demi-regard.Simon Vouet était-il un génie?
S’il est vrai que certains morceaux de son œuvre atteignent la perfection, le recul nous permet de dire que l’ensemble n’a pas la profondeur, l’originalité et l’universalité de ceux que la postérité a portés aux sommets. Laissez-moi en rappeler quelques-uns, en faisant en même temps un petit tour d’Europe. D’abord ses aînés: Le Caravage (1571-1610), Rubens (1577-1640); ses contemporains, Georges de La Tour (1593-1652), Nicolas Poussin, lui aussi installé à Rome (1594-1665), Velázquez, (1599-1660). Beaucoup d’autres pourraient être cités, mais je terminerai mon énumération par Rembrandt (1606-1669).
Vouet ne fut certes pas toujours à leur niveau, mais soutenir encore la comparaison avec ces géants, n’est tout de même pas le fait d’un peintre mineur.
Et le rapport avec la musique? Le premier nom qui vient à l’esprit est évidemment Claudio Monteverdi (1567-1643), qui était au fait de sa gloire au moment du séjour romain de notre peintre. Il faudra attendre bien longtemps pour entendre, en Italie, un génie de l’envergure de Monteverdi. Curieusement ceux qui suivront (je pense par exemple à Cavalli ou Cesti), par leur prodigalité et aussi une certaine facilité, occupent une position un peu comparable dans l’histoire de la musique. Mais la rencontre ne se limite pas à quelques noms. L’Italie, en ce début de XVIIe siècle, voit le considérable développement de l’opéra, avec les grandes machineries et les mises en scènes audacieuses. De très nombreuses salles se construisent dans toutes les villes. Mentionnons en passant le début de l’incroyable règne des castrats.
Les édifices de l’époque donnent le ton. C’est le triomphe de l’architecture aux volumes tourmentés, aux surcharges ornementales défiant toute logique, connue de nos jours sous le nom de baroque. La peinture ornementale suit évidemment le mouvement, et avec leur prodigieuse maîtrise de la perspective, les peintres dépassent de beaucoup la simple illusion de la troisième dimension. Dans leurs compositions, tous ces peintres sont de parfaits metteurs en scène, qui exaltent la primauté du mouvement ; ici encore, l’opéra n’est pas loin.
Vouet fut rappelé en France par Louis XIII en 1627, nanti du titre qui correspondait à sa notoriété. Il y restera juqu’à sa mort, en 1649.
L’architecture française ne s’est jamais laissée aller aux outrances du baroque échevelé. De nombreux artistes italiens se produisaient pourtant en France ; mais l’opéra, qui trouvait sa place dans toute l’Europe, n’entrait chez nous que sur la pointe des pieds. La musique française restait cantonnée aux airs de cours et aux ballets. Pour l’opéra, il faudra attendre Lully.
Mais au fait, Simon Vouet aimait-il la musique? Je n’en sais vraiment rien, mais vivant quinze années à Rome, il lui eut été difficile de l’ignorer. Il nous arrivera sans doute de trouver d’autres points de convergence entre peinture et musique ; pourtant, si les uns et les autres avaient forcément l’occasion de se côtoyer; jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, les deux univers n’avaient guère l’occasion de se fréquenter.
Quant à nous, je pense que nous trouverons bien un peu de place pour en parler.Serge Peyé
J. Raoux : Le concert. Huile sur toile, 100x136. Riom, Musée Mandet.
JÉRÔME BOSCH : LE CONCERT DANS L’ŒUF.
Belle occasion pour ma petite rubrique, d’unir musique et peinture, en diffusant la reproduction de ce tableau.
Ce CONCERT DANS L’ŒUF est d’ailleurs une copie, très ancienne, peut-être 1560, qui mesure 108 x 126 centimètres. L’original est perdu.
Jérôme Bosch est né vers 1450, à Bois-le-Duc, dans les Pays Bas, et mort en 1516 dans la même ville. C’était un peintre reconnu et réputé, même à l’étranger, qui influencera de très grands artistes, dont Peter Bruegel. Pour garder un point de repaire, nous pouvons constater que Bosch était l’exact contemporain de Vinci. Pour la chronologie des musiciens, il faut penser à Josquin Des Prés. Les Surréalistes se sont également considérés comme ses héritiers, et il est difficile en voyant leurs œuvres, de ne pas y penser.
Tout le monde connaît au moins quelques reproductions des tableaux de Bosch (La Nef des Fous est au Louvre), dont le fourmillement de détails nous intrigue, nous captive et nous amuse. Bosch ne peignait pourtant pas seulement pour amuser ses contemporains. Son propos était plutôt celui d’un moraliste, qui ouvrait une fenêtre sur ce qui nous attend, si nous ne suivons pas les préceptes de la sainte Église. Mais vous écrire un exposé sur la pensée de Bosch, sur celle de la Réforme qui s’annonce, sur les sectes hérétiques et sur la Pensée d’Érasme, m’entraînerait vraiment trop loin, vous en conviendrez. Et d’ailleurs, les rayonnages de ma bibliothèque ne seraient pas assez longs, pour contenir tous les ouvrages écrits sur le sujet.
Contentons nous de nous amuser à la lecture de ce tableau, qui doit, si je me souviens bien, être au musée de Lille. Le sujet est bien entendu une satire de l’alchimie (je n’ai pas dit de l’Athanor), assaisonnée de nombreux symboles croustillants, parfaitement lisibles par ses contemporains.
La chanson qui est calligraphiée sur le livre, fut un grand succès de l’époque. Elle est due à un certain Thomas Crecquillon, mort en 1557, qui fut maître de chapelle de Charles Quint. Les dates nous démontrent que le copiste n’a pas pu reproduire le texte qui avait été choisi par Bosch. Les temps avaient changé, les gouvernements aussi, et la censure est évolutive ; mais vu le sujet, l’original ne pouvait guère être un cantique. En fouillant Internet, qui nous ouvre de très nombreuses pages sur Bosch et ses œuvres, j’ai réussi àtrouver le texte de la chanson. Avec un peu de chance, j’essaierai de vous mettre en ligne la partition elle-même, et quelqu’un pourra peut-être la jouer.
Voici le texte, ou au moins sa traduction :
Toutes les nuictz que sans vous me couche,
Pensant à vous, ne fait que sommeiller,
Et en révant jusques au réveillier,
Incessament vous quiers par my la couche,
Et bien souvent en lieu de votre bouche,
En soupirant, je baise l’oreiller.
Ce que j’ai trouvé était écrit ainsi, et les tournures anciennes ne sont évidemment pas des fautes d’orthographe. C’est peut-être un peu coquin, mais c’est tout à fait dans le ton du répertoire de la Renaissance. Dans mon prochain article, je vous proposerai un autre petit exercice de déchiffrage musical, d’après un tableau que certains d’entre vous reconnaîtront.
Serge
Carte postale de Florence
Chers amis,
C’est bien au musée des Offices que j’ai choisi pour vous cette carte postale. Il s’agit d’un petit tableau (39 x 47), d’un peintre assez renommé en son temps, le Rosso Fiorentino (1494-1540). Remarquons en passant que le Rosso est né au temps où un certain Christophe Colomb… et il est mort à Paris, engagé par François 1er.
Il y a plusieurs œuvres de Rosso à Florence, mais il y en a tellement d’autres ! J’ai d’ailleurs été surpris par ce charmant tableau, intitulé parfois Ange musicien, mais le plus souvent, Amour musicien. En effet j’avais cru jusqu’ici à la reproduction d’un fragment, comme c’est souvent le cas, mais il s’agit bien d’une œuvre entière, et superbement composée. Quoi qu’il en soit, j’ai immédiatement pensé à vous l’envoyer, par le canal de ma petite rubrique Musique et Peinture. J’ai d’ailleurs un peu de retard, mais je n’avais pas transporté mon ordinateur.
Bien sûr, et pour rester cohérent avec le propos de cette rubrique, j’essaierai de survoler un peu la Renaissance, en proposant quelques éclairages, allant du très connu au plus rare. Mais ici, même en essayant de rester bref, un nouveau chapitre dépasserait le cadre d’une simple carte postale.Serge Peyé
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