Le
second centenaire de la naissance de Chopin fut dignement célébré,
et c’est à peine si nous avons entendu parler de Schumann,
né la même année, en juin 1810. Il ne s’agit
pas pour moi de comparer sottement les apports des deux génies,
mais je m’en voudrais d’avoir mentionné l’anniversaire
de l’un, et d’oublier l’autre.
En revanche,
si la référence à Delacroix s’imposait pour Chopin,
je suis bien embarrassé pour illustrer Schumann avec la reproduction
d’une œuvre peinte ayant quelque rapport avec sa musique. Il faut
dire qu’en ce début de XIXe siècle, la peinture allemande
n’est guère représentative.
Mes confrères
consultés sont d’ailleurs aussi embarrassés que moi. Nous
sommes cependant tombés d’accord sur le nom d’un paysagiste
allemand, pas très connu il est vrai, et pourtant tout à fait
remarquable. Caspar David Friedrich (1774-1840), est d’ailleurs davantage
le contemporain de Beethoven, et quand Schumann et Clara, enfin unis, ont demeuré à Dresde,
ce peintre très estimé était depuis peu décédé.
Affinités
au-dessus des époques ? Union spirituelle par la fréquentation
des grands poètes ? Je vous laisse en juger. L’œuvre entier
de Friedrich est habité, ou plutôt hanté, par une profonde
méditation inquiète, et même une certaine obsession de
la mort. Ce peintre ne voyait pas les paysages pour les décrire seulement,
mais il les chargeait d’éléments symboliques, le plus souvent
tragiques, qui n’ont plus rien à voir avec le genre allégorique.
Le spectateur est souvent invité à entrer dans ce mystère,
aux côtés des promeneurs solitaires, personnages récurrents
dans beaucoup de ses tableaux, et presque toujours représentés
de dos. Mise en abyme ou double de l’artiste ? Autre thème
qui sera cher aux Romantiques, et bien sûr à Schumann lui-même.
Je manque
de reproductions susceptibles d’illustrer mon propos, mais si vous êtes
intéressé, il est facile d’en trouver sur Wikipédia.
Dans la même foulée, permettez-moi de vous conseiller de cliquer
sur Ludwig Richter (1803-1884), qui vivait également à Dresde.
Ses œuvres gravées sont célèbres, et plus qu’estimables;
je choisirais volontiers l’une d’elles, si je voulais illustrer
les Scènes d’Enfants.
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